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Larmor apparaît dans les sources dès le 14e siècle, les seigneurs de Rohan-Guéméné sont alors propriétaires de la terre de Ploemeur dont Larmor n'est qu'un hameau.

Au 18e siècle, Larmor est transformé par le contexte de guerre. En effet les Anglais veulent anéantir Lorient et sa rayonnante Compagnie des Indes qui portent ombrage à leur commerce maritime. Pour assurer la défense de la rade de Lorient, une redoute est construite au Kernevel en 1758, en face de la citadelle de Port-Louis afin de défendre son accès. Plus en aval et pour barrer tout accès maritime de la côte à l'île de Groix, les plages de Locqueltas et de Kerpape sont dotées de forts, à la même période.

La très grande majorité des habitants de la paroisse de Ploemeur sont alors des paysans. Dans les villages de la côte (dont celui qui n'a encore que le nom de « Larmor »), on trouve par contre des pêcheurs qui embarquent sur des chaloupes appartenant à des négociants de Port-Louis. L'espèce la plus recherchée est la sardine, mise en tonneaux dans les nombreuses presses que l'on trouve notamment en contrebas du village de Larmor.

Au 19e siècle, le développement de l´industrie de transformation de la sardine va bouleverser la vie de Larmor. Dès 1820, une dizaine de presses se masse sur le littoral au nord et au nord-est de l´actuelle église Notre-Dame-de-Larmor. C´est aussi dans ce secteur que les conserveries se regroupent. Ainsi, c'est au Kernevel que s´installe une des premières conserveries de Bretagne, celle d´Auguste Gillet en 1834, reprise en 1850 par le sieur Ouizille qui la modernise en utilisant des machines à vapeur. Dans les années 1860, Ploemeur et Port-Louis concentrent une bonne partie de cette industrie, pour le Morbihan. L'arrondissement de Lorient compte alors 500 bateaux armés par plus de 3 000 marins.

À la fin du siècle, le petit port de Larmor, qui ne possède qu'une modeste cale, reçoit quotidiennement 300 chaloupes qui débarquent les précieuses sardines aux quatre conserveries du site. Alors que la saison de pêche bat son plein, les pêcheurs doivent faire de la place pour laisser accoster les bateaux à vapeur qui amènent de nombreux estivants qui viennent sur les plages pour prendre des bains de mer.
Cette effervescence sur les quais se retrouve dans le village qui ne cesse de se développer. On observe une augmentation de la population dès le milieu du 19e siècle et, rapidement, Larmor possèdera son école, sa recette des douanes, puis, en 1912, son propre vicaire. Larmor, tourné vers les activités maritimes, a tissé des liens économiques avec Port-Louis ou l'île de Groix, se détachant, par là même, progressivement du bourg de Ploemeur dont elle dépend.

Le début du 20e siècle ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Si les revenus de la pêche confirment la vitalité du port jusqu´en 1914, par la suite, les aléas dans les tonnages débarqués fragilisent le secteur, sans compter que la raréfaction de la sardine et la concurrence étrangère auront raison des conserveries (malgré des tentatives de reconversion dans le thon et les légumes). Les nouveaux aménagements portuaires de Port-Maria, réalisés à partir de 1904 n'ont pas permis de pérenniser et redynamiser les activités halieutiques. Le secteur agricole est lui aussi en perte de vitesse. On assiste alors à des changements socioprofessionnels structurels à Larmor et dans les communes environnantes : les hommes se tournent vers une carrière à l'arsenal ou au port industriel lorientais de Kéroman-Kergroise (port de pêche de Kéroman ouvert en 1927).
En réalité, Larmor est davantage dans une période de mutation que de déclin. Le village est devenu une petite station balnéaire avec son établissement de bains. Entre 1908 et 1925, 108 cabines sont installées sur les plages de Lamor. À la sortie de la Première Guerre mondiale, un ambitieux projet de lotissement balnéaire se dessine sur la plage de Kerguélen : le lotissement de Lorient-Plage. Le village est érigé en commune en 1925 et prend le nom de Larmor-Plage.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et la décision d'Hitler de faire de Lorient la principale base d'attaque sous-marine de l'Atlantique mettent Larmor-Plage au cœur d'un vaste dispositif militaire à partir de 1940. Le vieux fort de Locqueltas est armé d'une batterie côtière appuyée par les pièces d'artillerie de l'ancienne batterie du Kernevel puissamment réarmée. Les trois belles villas qui dominent l´espace portuaire du Kernevel sont elles investies par le poste de commandement des sous-marins allemands basés dans l'Atlantique.

Après cet épisode difficile, les années 1950 sont celles des changements. Victime des bombardements alliés sous la Seconde Guerre mondiale, Larmor-Plage se reconstruit. Le nombre d'exploitations agricoles ne cesse de diminuer, alors que leur taille augmente. Les pratiques de pêche changent, l'appauvrissement des ressources oblige de nouveaux bateaux, les chalutiers, à pêcher toujours plus loin des côtes. Les conserveries de Larmor-Plage cessent de fonctionner. Leur emplacement est réutilisé pour la construction de villas balnéaires. C'est aussi une période de forte hausse de la démographie, liée à l'installation de populations suite à la destruction de Lorient puis par périurbanisation autour de la grande cité portuaire voisine.

Les années 1960-1970 sont marquées par un essor du tourisme et du développement des résidences secondaires, alors que la grande majorité de la population active va travailler hors de la commune. La tendance ne faisant que se renforcer en ce début de 21e siècle, avec en plus, l'accueil d'une forte population de retraités.

Auteurs : Mme Péron et M. Amghan pour la Région Bretagne dans le cadre de l'inventaire général du patrimoine culturel.



 
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